• Dispositif ECLAIR : 26 postes, 3 candidats !
     
    Les élèves des milieux populaires ont pourtant droit à des professeurs !
     
     Les craintes exprimées par le SNES sur la viabilité du programme ECLAIR sont confirmées par les faits. Les chiffres qui nous ont été communiqués lors du Groupe de Travail sur les postes spécifiques sont édifiants. Sur vingt six postes ECLAIR à pourvoir pour la rentrée prochaine dans les collèges expérimentaux ECLAIR, seules trois candidatures ont été relevées.

    Après la consultation académique sans équivoque organisée par le SNES, voila un nouveau signe du rejet massif du programme ECLAIR par la profession.

    Ce dispositif organise une école à deux vitesses en renonçant aux ambitions scolaires pour les jeunes des quartiers populaires. Il a également vocation à modifier le fonctionnement de ces établissements en développant une organisation managériale, basée sur le recrutement des personnels par le chef d’établissement et la mise en concurrence des enseignants. Le système de prime au mérite modulable par le chef d’établissement et la mise en place de préfets des études faisant parti de l’équipe de direction, désignés par le chef d’établissement parmi les enseignant ou le Conseiller Principal d’Education, l’illustre parfaitement.

    A ce stade, deux solutions sont possibles. Soit, comme le demande le SNES, le rectorat accepte le « dé-profilage » de ces postes vacants pour les réinjecter dans le mouvement classique des enseignants, soit le rectorat s’entête dans cette voix qui conduira à pourvoir ces postes par des non titulaires pendant l’été. Nous rappelons au recteur que les jeunes scolarisés dans ces quartiers sensibles ont besoin tout autant que les autres, si ce n’est plus, de personnels enseignants qualifiés, formés ainsi que d’équipes stables.

    Il est temps de sortir de renoncer à des décisions aventureuses idéologiques et de faire preuve de sagesse et de pragmatisme en reconnaissant qu’il est temps de rétablir le droit commun dans les établissements difficiles et de répondre aux demandes des personnels de l’éducation prioritaire : temps de service réduit, décharges permettant la concertation et le suivi individualisé des élèves en difficulté, baisse des effectifs par classe, accroissement du temps de travail et d’étude en partis groupes.

    A Marseille, le vendredi 19 mai 2011


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  • Article publié dans le journal national n°58, octobre 2010

     

    Programme CLAIR : pas si claiR !

     

    Le bulletin officiel n°29 du 22 juillet 2010 détaille le programme CLAIR (Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite) expérimenté dès la rentrée 2010 et qui sera étendu à la rentrée 2011. Il concerne les établissements concentrant le plus de difficultés.

     

    Ce programme se caractérise par la mise en place d’innovations dans trois types de champs :

    - la pédagogie

    - la vie scolaire : désignation d’un préfet des études.

    - les ressources humaines : recrutement direct des personnels par le chef d’établissement et l’engagement à partir de 2011 pour une durée de 5 ans avec une lettre de mission personnalisée.

    Il concerne 105 établissements : 77 collèges, 11 lycées, 17 lycées professionnels…

    L’expérimentation

    Le programme CLAIR est prévu pour tester à grande échelle les nouvelles « gestions de ressources humaines » incluses dans le « rendez vous du pacte de carrière ». Cette nouvelle gestion consiste en :

    - la mise en place de postes à profil académiques à recrutement local après avis du Proviseur ;

    - la mise en place d’un contrat d’objectifs (durée de 5 ans avec une échéance à 3 ans) avec « indemnité de fonction d’intérêt collectif » ;

    - le renforcement du rôle du Conseil Pédagogique qui répartit les indemnités, et définit les projets et objectifs pédagogiques avec le proviseur et le préfet des études.

     

    AVIS DU SNUEP-FSU

    - Cela va à l’encontre du paritarisme et des règles communes du droit à mutation

    - Cela remet en cause les statuts de PLP et CPE. De plus, si vous êtes dans l’établissement et n’acceptez pas votre lettre de mission, il vous est conseillé de demander votre mutation : « Les personnels enseignants, d'éducation, administratifs, sociaux et de santé qui n'adhèrent pas au nouveau projet seront encouragés à rechercher une affectation plus conforme à leurs souhaits. »

    - Le CP n’est pas une instance élue

     

    Le SNUEP-FSU s’oppose fermement à cette vision « ultra-libérale » de l’école et de la gestion des personnels basée sur l’individualisation de la carrière et la compétitivité des personnels entre eux et en dehors de tout contrôle paritaire, de tout cadre statutaire.

    Le SNUEP-FSU s’oppose à la mise en place du programme CLAIR et à toute initiative ministérielle conduisant à modifier la nature des statuts des PLP et des CPE.

    Le SNUEP-FSU appelle les collègues à signifier leur opposition à la mise en place de ce dispositif lors des CA de présentation.

     


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  • ZOOM SUR LE DISPOSITIF CLAIR

     

    Les rectorats et le ministère ont organisé une véritable omerta sur les établissements qui sont labélisés « CLAIR », et refuse de communiquer malgré la demande des syndicats de la FSU au mépris des personnels travaillant dans ces établissements.

    Les personnels et les parents apprennent au détour d’une phrase qu’ils sont dans le dispositif CLAIR ! Aucune consultation, aucune réunion du Conseil d’Administration (CA), aucun critère n’est donné, nous sommes tout à fait dans « le fait du prince ».

    Rien n’est clair dans cette affaire….

     

    Le SNUEP-FSU dénonce ce dispositif où la encore les personnels sont confrontés au « fait du prince » : le chef d’établissement recrute ses enseignant-es et CPE mais aussi a droit à une organisation dérogatoire des enseignements sur les programmes, les heures… Tout cela à moyens constants ! Il est aussi créé dans ces établissements-là un « préfet des études », qui ressemble furieusement au « surgé » des années soixante dix et fait référence à celui qui, dans certains collèges religieux, a pour fonction d'exercer une surveillance générale sur les études et la conduite des élèves.

    Comment croire réellement que ce dispositif – qu’on veut étendre en 2011- permette aux élèves d’aller jusqu’au bac dans l’enseignement professionnel ?

     

    C’est surtout un moyen de faire éclater les règles nationales et de contourner les partenaires dont bien sûr les syndicats représentatifs. Localement quelle valeur peut alors avoir le CA qui n’est plus consulté et à qui on a déjà enlevé des prérogatives avec les conseils pédagogique ?

    C’est penser a priori que les hiérarchies locales sont plus compétentes que le niveau rectoral ou ministériel. Aucune étude ne le démontre. Nous avons alors tous les risques de l’arbitraire le plus grand, surtout sur des petites unités, et la mise en place de coteries.

    C’est vouloir casser à plus long terme les diplômes nationaux avec des établissements complètement dérégulés qui feront des enseignements localement à la carte et qui en viendront à demander des diplômes « maison » pour suivre le rythme de leurs élèves.

    C’est vouloir préparer un lycée à deux vitesses.

     

    Si on reconnaît que le LP est plus difficile que les autres lycées, il faut alors réellement lui donner des moyens de fonctionner (personnels, DHG, effectifs réduits…), permettre aux personnels de « remotiver » les élèves, leur redonner le goût de l’étude mais aussi donner des moyens matériels et financiers aux élèves pour être en condition d’apprendre.

    Il ne suffit pas d’incantations qui disent « il faut valoriser l’enseignement professionnel », le SNUEP-FSU veut des actes.


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